Uniquement les amis

© Pension de Famille

14 & 15.10.2014 > 20h30
THEATRE (CREATION)
dans le cadre de la Semaine Digitale

1h / 10 €

Peut-on mettre en scène un spectacle en s'appuyant, pour l 'échange et le dialogue, sur le plus fameux des réseaux sociaux?  Singulier projet que celui de Laurence de  la Fuente d 'ausculter, à travers sa pratique artistique, la manière dont la relation humaine se reconfigure au travers de la technologie d'un réseau social. L'actrice  Séverine Batier devient le sujet de cette expérience mêlant art dramatique et ère numérique. Ce monologue axé sur l'aspect sensible d'un réseau social  interroge  la question du réel et de la fiction et la virtualité du sentiment amoureux dans un dispositif, celui d 'un réseau social, en l 'occurrence Facebook, où les liens partagés, (photographies, musiques, films) proposent leur propre dramaturgie.
"J’aime. J’aime pas. I like. I like. I dislike. I add. I’m back. In IRL. IN REAL LIFE. Actualiser ses infos, ton historique personnel. Trier par groupes : amis, connaissances proches, famille. S‘abonner. Gérer sa stratégie de présence. Get back, turn back and is lookink forward. Je suis de retour, je repars et je regarde en avant. Tu aimes vraiment. Tu n’aimes vraiment plus. Tu n’aimes pas vraiment. Tu n’aimes pas du tout. Tu shares trop. Tu partages trop tes emoticônes. Tu envoies trop de messages ou pas assez. Tu contribues, tu participes, Tu collectes, tu ajoutes, Des amis, des posts, des envois, Parfois tu unfriend : Tu te délies d’amitié."

NB : La cie Pension de famille lance un appel HelloAsso, plus d'info par ici

Texte et mise en scène Laurence de la Fuente
Avec Séverine Batier
Collaboration dramaturgique Clyde Chabot
Vidéaste Célie Alix - Le Dessous des balançoires
Création lumières Fabrice Barbotin
Assistante à la mise en scène Sarah Clauzet
Chargée de production Armelle Bavière
Remerciement à Sophie Trouillet, facebookienne avertie

"Ce texte oscille entre fiction et réel, et interroge la virtualité dans le cadre des liens amoureux dans un dispositif, celui d’un réseau social, en l’occurrence Facebook, où les liens partagés (photographies, musiques, films) proposent leur propre dramaturgie. En tant que metteure en scène, la question du personnage m’a toujours laissée perplexe et m’a toujours semblé inadaptée aux enjeux actuels du jeu. C’est pourquoi j’ai souhaité créer deux alias, Séverine Batier et Luc Forget. La création de ces deux personnages virtuels permet d’ introduire la fiction d’une relation, qui repose sur une réalité vécue, celle de Géraldine Jamet, réécrite pour elle. Travailler sur un flash-back en temps réel. Repartir d’un récit passé en communiquant en direct sur messagerie instantanée FB. Créer des alias, leur donner vie à travers leurs réactions, leurs conversations, avec une présence réelle sur le plateau, celle de Séverine Batier, doublée par son alias numérique, Géraldine Jamet. Y associer deux autres présences numériques, celle de Luc Forget, et la mienne, avec mon propre alias, qui offre la possibilité d’intervenir en direct en tant que metteure en scène. Facebook est un réseau social mais aussi comme le préfigure Gilles Deleuze une sorte de « machine célibataire », un immense story-telling du réel. Sous chaque statut se cache un individu qui a choisi soit de faire fructifier son réseau social, soit de développer un salon littéraire sur ce media, soit de rechercher des âmes sœurs ou frères, soit de retrouver des amis oubliés, soit de partager des informations, des intérêts, des images, des découvertes artistiques. Dans ce sens, FB peut aussi être perçu comme un formidable espace de troc, de rassemblement et peut même donner lieu en un temps record, comme on l’a vu, dans les révolutions du jasmin, à des soulèvements politiques massifs et fructueux. Et évidemment souvent tout s’enchevêtre. C’est aussi une représentation de soi et des autres à laquelle on assiste, mais où le corps s’absente et se désincarne. J’ai voulu interroger ce qui amène les personnes à publier des photos personnelles, à émettre des commentaires privés dans cet espace public, avec acharnement parfois." Laurence de la Fuente

 

Le mercredi 15 à 18h30, Laurence de la Fuente et Bruno Lahontâa présenteront leur ouvrage récemment paru aux éditions de l'Attente Performances Ethologique de Font
Font est un artiste majeur de la scène artistique argentine. Son  travail  s’est ancré dès le début des années 80 dans une observation minutieuse du comportement animal qui a contribué à nourrir sa créativité absurde et burlesque, créativité qui s’est déployée dans un cercle restreint de l’art contemporain. Il fut le précurseur des performances éthologiques. Cet artiste secret a disparu de tous les champs à la fin des années 90, et on s’est longuement posé la question d’un suicide programmé dans le cadre d’une action extrême autour de l’automutilation. Nous avons pu approcher Font dans les années 90, avant qu’on ait perdu toute trace de ses activités. Lors d’une rencontre récente et furtive avec un des ses proches, nous nous sommes retrouvés en possession de deux carnets. Il s'agit d’un carnet de notes graphiques et d’un carnet de notes textuelles autour de performances éthologiques, réalisées, avortées, ratées, rêvées.... Après avoir  hésité à centrer notre ouvrage sur la question de sa disparition, nous avons préféré réhabiliter cet artiste  à l’aide de ces documents retrouvés, qui viennent d’être publiés aux Editions de l’attente, et préfacés par Arnaud Labelle Rojoux, détenteur d’un dessin de Font. Nous désirons aujourd’hui présenter une série de conférences autour son travail, ainsi qu’un certain nombre de reenactments de ses performances.