Sonic Protest

05 AVRIL / 20h30
CONCERTS

10€

Depuis 2003, Sonic Protest distille des musiques expérimentales, électroacoustiques, improvisées, et bruitistes. Ce festival défricheur et aventureux, pointu mais accueillant, lutte contre la sur-spécialisation des scènes underground en faisant jouer affinités et rencontres. Refusant l'esprit de chapelle Sonic Protest programme des outsiders, géniaux artistes méconnus et musiciens hors des modes et des circuits traditionnels. Après une première édition bordelaise 2015 littéralement décoiffante le festival se réinstalle à la Manufacture pour une nouvelle soirée qui promet d'être chavirante. 

En partenariat avec les Potagers Natures

Au programme cette année :
Maria Bertel & Mariachi / Girls Noise (France-Danemark)
Rien virgule / Musique psyché-rituelle-fantasmatique et vertigineuse (France)
Yves-Marie Mahé / Cinéma punk-hardcore

Yves Marie Mahé
Le cinéma d’Yves-Marie Mahé se définit comme minimaliste : chaque film travaille une source principale en exploitant voire épuisant ses possibilités, et parfois, de plus en plus souvent, en convoquant des sources visuelles secondaires comme contre-points et commentaires caustiques. Mahé revendique un travail efficace, rapide et agressif. L’ironie s’y ancre dans le montage de cartons humoristiques en opposition avec les images. Les titres, attendus et synopsis de ses films sont de même nature : des propos crus, dès que possible outranciers, à l’humour licencieux, railleur et formaliste. Yves-Marie Mahé travaille principalement le recyclage, qu’il définit ainsi : « S’exprimer à travers les autres. Ça a peut-être un rapport inconscient avec la sexualité... » Il explique ne pas pouvoir partir de rien, il lui faut pour créer une image existante, la représentation d’un autre, le fantasme d’autrui. De façon plus générale, refusant l’intellectualisation et la théorisation (« Les théories finissent toujours par m’emmerder... »), il rend sensuelle, haptique et souvent très drôle son approche critique vis-à-vis des images industrielles.

 

Maria Bertel &Mariachi
Maria Bertel & Mariachi, c'est un duo inédit, créé pour l'occasion : world première à Sonic Protest.Membre active de Selvhenter, Maria Bertel explore les possibilités du trombone amplifié à l’extrême, avec ou (plus rarement) sans amplification : la radicalité et l’énergie de son approche la place dans la grande famille des expérimentateurs furieux du souffle amplifié, de Borbetomagus à Antoine Chessex. Mariachi c'est un projet tout neuf de Nina Garcia (Mamiedaragon – No Lagos), en solo. Une guitare, une pédale, un ampli, feedbacks, crépitements et débordements : Mariachi joue beaucoup en solo et est à l'origine de ce duo dont on peut imaginer qu'il sera énergique et sympathique.

 

Rien virgule

câlin noir et vertigineux (Anne Careil textes voix clavier)
transe volcanique (Jean-Marc Reilla dispositif électroacoustique)
activisme orgiaque et joyeux (Manuel Duval synthétiseurs)
caresses dures, raclées douces (Mathias Pontevia batterie horizontale)
Nouveau projet venu des bords de la Dordogne et auteur d’un impressionnant premier album, Rien Virgule tient autant de la musique sacrée du coin du bois que de l’électroacoustique profane de proximité. Aux côtés d’Anne Careil, illustratrice et chanteuse aux accents (italiens) possédés, on retrouve trois musiciens bien connus des services de sécurité de la scène expérimentale du sud de la Loire : Manuel Duval ( France Sauvage, Pousse Mousse, 1000 Bouches), Jean-Marc Reilla (1000 Bouches, Ensemble Un) et Mathias Pontévia,percussionniste rapide déjà entendu avec Michel Doneda, Didier Lasserre ou Yan Saboya. Rien Virgule se joue des genres et ose la charade sonore : mon premier est une voix colorée rituelle et inquiétante, mon second une  électronique bricolée et singulière, mon troisième une batterie frappée à coup de micros (plus close-miking que ça, tu meurs !) et mon tout n’est rien de moins qu’une des propositions (musicales) les plus excitantes du moment... et on l’espère pour longtemps ! À l’image d’une scène fourmillante où les micros-labels s’unissent (huit quand même, dans le cas présent !) pour déjouer le grand capital et rendre les choses faisables sans plan d’épargne (merci à eux, au passage), la fraîcheur de Rien Virguleré affirme qu’un autre monde est toujours audible.

 

BONUS TRACK : Petite présentation de Rien Virgule par Mathias Pontevia

Nous nous fréquentions depuis les années 2010 environ; festoyeurs, militants, et auditeurs  les uns des autres, (Manuel Duval joue dans France Sauvage, Mathias Pontevia improvisateur solo et plus) ; tout spécialement lors du festival extraordinaire et mémorable Ouverture des Clôtures en Aveyron en juillet 2010 dont Anne Careil et Jean-Marc Reilla étaient co-organisateurs, ce qui a scellé notre amitié comme un fait d'arme. Nous avons commencé à travailler quelques années plus tard, quand le désir débordait tout probablement en 2013.

Nous n'avions pas précisément d'objectif lorsque nous avons monté le groupe, nous avions simplement quelque chose à faire ensemble...

Impossible à moi seul de définir notre musique en quelques mots, cela car nous ne sommes pas d'accord entre nous quand nous évoquons ce sujet. Mettre un nom sur le style de notre musique est un déchirement à chaque fois demandé par les organisateurs de festival ou les logiciels de lecture informatique, et nous ne l'admettons pas.
Nous utilisons parfois une expression inventée par mon amie écrivain Isabelle Lassignardie, - dark chatoun- décrivant justement la violence noire, sourde , la part maudite et le câlin dévorant, envoûtant,  inapproprié.
J'aime lire souvent au dessus de l'urinoir d'un lieu à Bordeaux ce graffiti : "vaguement inoubliable"

Pour parents adoptifs musicaux je verrai bien Antonin Artaud, Florence Arthaud & Andreï Tarkovski, mais ils n'ont pas eu le temps de nous adopter car ils sont tous morts

Notre méthode de travail est assez simple : nous improvisons le matin et c'est très mauvais puis mangeons et buvons des bonnes choses -mais trop- le midi, car Jean Marc est un excellent cuisinier. L'après midi logiquement les tempi sont lents et suaves. Le soir nous buvons et mangeons jusqu'à des heures avancées.

Le 5 avril, à la Manufacture, les gens verront....
Précisément rien car nous jouons presque dans le noir; nous disons -presque- car hélas, la réglementation qui s'impose aux lieux d'accueil du public interdit l'obscurité totale et de toute façon nous ne sommes pas encore nyctalopes. Nous jouerons nos sons, notre répertoire actuel et une pièce improvisée, pour vivre "de près pendant presque une heure" avec les gens présents et les écouter se danser

Ecouter l'album Trente Jours à grande échelle

 

 

Voir la vidéo de Maria Bertel et Mariachi