la Belle & la Bete

© Audrey & Damien
© Pauline Garcia Sancho
© Audrey & Damien

Les 29 & 30.04.2014 > 20h30

10 € tarif unique / 1h20

Audrey & Damien

La Belle et la Bête ce n’est pas une histoire, ni un conte, ni une fable. C’est un mensonge qui les interroge. Sur scène quatre personnages apostrophent les spectateurs, livrent leur intimitéet leur désarroi face à cette Beauté qui régit la fiction contemporaine.
L’esthétique dépouillée de La Belle et la Bête fait naître une forme hybride, laissant croire à une "scène ouverte" où différents personnages nous livrent leur vision de la beauté. C’est dans leurs tentatives de définir la beauté, par opposition à la laideur ou à la bêtise, qu’ils nous offrent un nouveau regard sur le genre humain. Cette question du regard est au centre de notre intérêt et de notre mise en scène. Il nous semble être de plus en plus aiguisé dans notre rapport aux autres et sur soi, de plus en plus assujetti aux valeurs subjectives de la beauté. Par ailleurs, le regard nous permet également d’interroger la question de la représentation, celle que l’on offre aux spectateurs, comme celle que l’on orchestre au quotidien. Tout comme nous jouons avec les codes de la représentation théâtrale, les comédiens assument la frontalité, leur jeu questionne la notion de présence. Du jeu au «non-jeu», ils dialoguent entre eux et avec le public. Sur scène, les comédiens mettent en perspectives cette notion de regard, en jouant avec une forme de séduction, ils rendent plus floue la frontière entre représentation et réalité.
Un souci de cohérence la scénographie joue elle aussi avec les codes de la représentation, peu ou pas de décor, le cadre est épuré. Nuls décors dans un théâtre qui en dénonce les codes. La lumière est brute et invariable, seuls les «services» sont utilisés. Tous les effets techniques liés au son, sont fait par les habitants de la scène. Tout comme il n’y a pas de début ni de fin distincts, il n’existe pas de bord de scène. Les comédiens/spectateurs entrent et sortent de la représentation comme on passe du côté public au côté scène. Quête pour certains, rejet pour d’autres, état de fait ou encore jeu des apparences, la mise en scène s’amuse de la beauté et de tout ce qui n’est pas beau. Ici, pas de désir d’embellir un lieu, mais plutôt d’en révéler la brutalité. Les angles, les tâches, les défauts qui pourraient nourrir le jeu. Trouver la beauté dans la médiocrité qui nous entoure, redonner à voir les lieux que nous habitons et ceux qui les habitent avec nous, sous un nouveau jour.

Direction artistique, écriture et mise en scène Damien Frin et Audrey Saffré
Assistants à la mise en scène Nicolas Beaufort et Emilie Raymond
Avec Julien Pluchard, Arthur Gillet, Damien Frin, Audrey Saffré