FASSBINDER (funérailles) / Cie des Figures

12 MAI > 18h30
SORTIE PUBLIQUE

Entrée Libre

FASSBINDER (funérailles)

Un spectacle de la Compagnie des figures, d'après Fassbinder la mort en fanfare d'Alban Lefranc

Il pleut. À l'enterrement d'un certain Rainer, quelques hommes et femmes se retrouvent et retracent la trajectoire étincelante de la « machine-Fassbinder ». Ils sont acteurs et figures, un pied sur scène, un pied dans l’œuvre de RWF. Leur parole ruisselle sur les années de plomb, la Fraction Armée Rouge et la violente passion du cinéma comme échappatoire. Ils prennent alors un instant la voix de Rainer, la voix de Meinhof, la voix de l'archive.
Dans une cérémonie étrange où la poésie interroge l'histoire, où deux époques se regardent, le spectacle questionne la figure du cinéaste et écrivain Rainer Werner Fassbinder et son temps.

À partir du roman Fassbinder la Mort en fanfare d'Alban Lefranc, c'est un miroir de la société européenne qui se dessine, un écho de la génération qui nous précéda.
« On entre dans un mort comme dans un moulin. On s'est introduit d'abord par effraction, la nuit, en forçant une porte de derrière, une vieille porte oubliée qui n'intéressait plus personne. Et on s'est plu dans les lieux, on y a même très vite gagné l'impression qu'on était seul à les connaître. On s'est surpris à croire qu'on les connaissait mieux que le mort lui-même, qui ambitionnait justement de construire une maison avec ses films, après avoir mis le feu au pays. »
Alban Lefranc, Fassbinder la mort en fanfare, éditions Payot Rivages, 2012.

 

La Compagnie des Figures est fondée en 2013 sous la direction artistique de Matthieu Luro. L'univers de cette jeune compagnie bordelaise est sombre et cruel, empli d'humour noir et de cynisme profond. Ils visitent de manière obsessionnelle les thématiques de notre rapport à la ville, à la société, au monde et à l'Autre. Dans une revendication du spectaculaire, leur théâtre s'axe sur la présence de l'acteur, l'ici et maintenant du plateau. Chants, chorégraphies et espaces sonores peuplent leurs créations. La question du mythe, au centre de leur réflexion, est abordée à travers les textes d'auteurs tels que Pasolini, Lagarce ou encore Fassbinder. Ils dessinent ainsi des personnages troubles et ambivalents, dont la parole se dérobe sans cesse à la psychologie, mais répond aux codes du jeu et du drame : des Figures.
Avec le spectacle Fassbinder (funérailles), ils signent ensemble leur troisième création. Leur processus de travail prend sa source dans l'ensemble, le collectif, la bande : le regroupement organisé d'individus hétérogènes qui se reconnaissent une appartenance commune. Un désir de théâtre.