Ainsi je balbutiais mes premiers monstres

© Julie Salha
© Christopher McKenney
© Julie Salha

Sortie publique de résidence
20.02.2014 > 18h

Entrée libre et gratuite / 1h

 

Collectif Jabberwock
D'après le texte de Lewis Caroll, The Jabberwocky

Le collectif Jabberwock laisse échapper ses créatures, ses corps dont la grâce n'a d'égale que la monstruosité.  La  beauté  dans le sale,  la poésie dans le grotesque. Construire un théâtre qui ne soit pas seulement lyrique et esthétique mais aussi organique et viscéral, effrayant de confusion. Un théâtre où le spectateur, en communion sensitive avec l'action, puisse vivre une expérience véritable. Monter sur scène comme pour soulager un besoin physique de la parole, du cri et du hurlement, avec la pleine certitude de ne rien savoir, et le plaisir inhérent qu'il y a dans  la  faiblesse  du  doute.  Un  instinct de survie poussant à réinventer une vérité afin d'en percevoir toutes ses contradictions.
Au départ, il y a deux univers. celui  d'Alice et de ses personnages merveilleux et dénués de sens commun (tirés de l'oeuvre de Lewis Carroll) ; et puis celui d’une comédienne qui participe à la création d'un spectacle. Chacun des deux univers est un récit initiatique pour une recherche de vérité autre et de pureté réelle. Deux personnages Bonnet-­‐blanc et Blanc-­‐bonnet emmènent Alice affronter ses peurs et révéler ses monstres.
“A l'endroit de notre travail et par l'axe énoncé, nous explorons des thèmes, des manières d'être.” Les trois principales notions qui portent ce travail sont la monstruosité, le reflet et la langue comme « son » aux origines du langage et de son évolution.

Mise en scène et scénographie collective
Avec Maëlle Gozlan, Enrique Blain et Nicolas Beaufort
Création sonore : Enrique Blain
Création masque  Nicolas Beaufort
Création lumière et Régie générale : Maxime Perrin
Regard extérieur : Jeanne Thimonier
Photographe : Julie Salha
Stagiaire : Léna Lézin

Il e'tait grilheure; les slictueux toves
Gyraient sur l'alloinde etclame pa vriblaient:
Tout flivoreux allaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.

«Prends garde au Jabberwock, mon fils!
A sa gueule qui mord, à ses griffes qui happent!
Gare l'oiseau Jubjube, et laisse
En paix le frumieux Bandersnatch!»

Le jeune homme, ayant pris sa vorpaline épée,
Cherchait longtemps l'ennemi manziquais...
Puis, arrivé près de l'Arbre Tépé,
Pour réfléchir un instant s'arrêtait.

Or, comme il ruminait de suffêches pensées,
Le Jabberwock, l'oeil flamboyant,
Ruginiflant par le bois touffeté,
Arrivait en barigoulant.

Une, deux! Une, deux! D'outre en outre!
Le glaive vorpalin virevolte, flac-­‐vlan!
Il terrasse le monstre, et, brandissant sa tête,
Il s'en retourne galomphant.

«Tu as donc tué le Jabberwock !
Dans mes bras, mon fils rayonnois!
O jour frabieux! Callouh! Callock!»
Le vieux glouffait de joie.

Il e'tait grilheure;
les slictueux toves Gyraient sur l'alloinde et vriblaient:
Tout flivoreux allaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.

The Jabberwocky, extrait. Texte original de Lewis Carroll, Traduction possible par Henri Parisot